‘’La stratégie sur l’hydrogène vert et les bioénergies qu’on attend du gouvernement, je pense que ça va nous aligner sur les priorités à donner au développement de cette filière’’ , voici la première réponse du directeur, Approvisionnement gazier et développement gaz renouvelables chez Énergir Vincent Regnault lors du panel intitulé Hydrogène vert et bioénergies: en route vers 2030 qui s’est tenu le 17 mai dernier.
Dans le cadre de la Semaine de l’économie verte, près de 100 participant.es ainsi que des acteur.rice.s majeur.es des filières de l’hydrogène vert et des bioénergies se sont donnés rendez-vous au panel Hydrogène vert et bioénergies: en route vers 2030 organisé par Nergica en collaboration avec le CITEQ-FRQNT (Catalyseur d’innovation pour la transition énergétique au Québec). Les discussions portaient sur les défis à relever et les opportunités à saisir pour ancrer ces technologies dans l’écosystème québécois au cours de la prochaine décennie. Ce panel fait écho à la consultation sur la stratégie québécoise menée par le Ministère de l’énergie et des ressources naturelles.
Des technologies en attente de déploiement
Les panélistes ont tout d’abord été interpellés par la modératrice Alexandra Gellé, agente de mobilisation des connaissances chez Nergica et membre du CITEQ, sur l’élément majeur pour que ces technologies prennent leur place sur le marché. Les réponses étaient unanimes et ont nommé le positionnement du gouvernement québécois comme essentiel pour créer une chaîne de valeur et un modèle économique, et ainsi promouvoir le développement des industries des bioénergies et de l’hydrogène vert.
Vous comprendrez donc que les conclusions de la consultation entamée par le Ministère de l’énergie et des ressources naturelles en 2021, et qui a amené le dépôt de 30 mémoires par divers expert.e.s de ces filières, se font attendre avec impatience. Cette stratégie québécoise permettra de positionner la province et de fixer des cibles, ce qui devrait sécuriser le marché et ainsi engendrer les investissements nécessaires pour déployer ces technologies à grandes échelles.
Un futur prometteur
Parmi les messages clés de ce panel, nous retiendrons que ni la maturité de ces technologies ni leur coût actuel ne semblent être une limitation à l’intégration de l’hydrogène vert et des bioénergies d’ici 2030. En effet, les panélistes interrogés semblaient confiants que les coûts liés à ces technologies seront compétitifs pour enrichir le mix énergétique québécois; notamment en considérant la taxe carbone, comme l’expliquait Yanick Paquet, chercheur chez Nergica. La parité entre l’hydrogène vert et l’hydrogène gris pourrait être atteinte en 2030 d’après le Hydrogen Insights Report (2021), Hydrogen Council, McKinsey & Company.
Le directeur de l’Institut de recherche sur l’hydrogène et professeur à l’Université du Québec à Trois-Rivières Bruno Pollet souligne qu’il serait intéressant d’investiguer les ressources en métaux présentes au Québec afin de déterminer les types d’électrolyseurs les plus prometteurs pour la province, en plus de considérer leur efficacité. À titre d’exemple, l’usine de l’entreprise Air Liquide située à Bécancour, avec son électrolyseur à membrane échangeuse de protons de 20 MW (le plus grand du monde actuellement) produit environ 3 000 tonnes d’hydrogène vert annuellement, et la stratégie relative à l’hydrogène publiée par Ressources naturelles Canada envisage un besoin de 20 mégatonnes en 2050.
La valorisation de la biomasse de source forestière, comme moyen de production d’hydrogène, ainsi que de méthane et de biocarburant, a été abordée par Papa Niokhor Diouf, directeur scientifique du Serex, centre de recherche spécialisé dans l’utilisation optimale de la ressource forestière dans les domaines des énergies renouvelables. Plusieurs procédés tels que la pyrolyse, la gazéification et la pyrogazéification mènent à la synthèse de biocarburants, et pourraient être complémentaires à la production par électrolyse pour l’hydrogène.
Karim Belmokhtar, Chargé de projet principal chez Nergica et chercheur principal du CITEQ, a mis de l’avant les besoins de partages de connaissances et de la formation de la relève, qui sont parmi les missions du CITEQ, afin d’assurer l’envolée des technologies vertes et ainsi contribuer à l’électrification de l’économie comme visé par le gouvernement québécois. Un point également abordé par Vincent Regnault qui a souligné l’importance de la recherche pour soutenir le développement de ces technologies.
Au delà de la recherche
Voici quelques pistes de réflexions partagées par nos panélistes pour assurer l’essor de ces technologies vertes, contribuer aux réductions de GES et avancer sur le chemin de la carboneutralité :